mercredi 2 mars 2011

HOMMAGE À UN ARTISTE : JEAN DUBUFFET


Jean Dubuffet a tôt fait la connaissance de divers artistes de l’avant-garde parisienne des Années folles, dont Suzanne Valadon, Raoul Dufy, André Masson, Fernand Léger et Juan Gris. Pourtant, en proie à une crise de doute, l’artiste cesse de peindre à partir de 1924. Pendant huit années, il travaille dans l’entreprise paternelle de négoce de vin.

En 1933, Jean Dubuffet met son commerce en gérance pour se consacrer à la peinture, mais est toujours miné de doutes. Ce n’est qu’en 1942 qu’il décide de se consacrer définitivement à l’art. Sa première exposition a lieu deux ans plus tard à la galerie René Drouin à Paris, et suscite de vives controverses.

À la fin de la guerre, Jean Dubuffet entreprend en Suisse des recherches sur les productions d’art brut, qui marquent toute son œuvre ultérieur. En 1947 est fondé le Foyer de l’Art brut au sous-sol de la galerie Drouin.Jean Dubuffet effectue à cette période plusieurs voyages dans le Sahara, et rédige des textes en « jargon », notamment Anvouaiaje par in ninbesil avec de zimaje. En 1953 est publié L’Art brut de Jean Dubuffet.

DUBUFFET & "L'ART BRUT"

Dubuffet a inventé l'expression "Art Brut" (dont il a « déposé » le brevet) pour désigner l’art produit par des non professionnels travaillant en dehors des normes esthétiques convenues, restés à l’écart du milieu artistique, ou ayant subi une rupture sociale et psychologique suffisamment forte pour qu'ils se retrouvent totalement isolés et se mettent à créer. L’histoire de l'art brut est intimement liée à la vie de Dubuffet, et c'est avant tout l’histoire d’un collectionneur et d'un amateur passionné.









1963 est l’année de la consécration pour Jean Dubuffet, auquel est consacrée une exposition rétrospective au Museum of Modern Art de New York, visible ensuite à Chicago et Los Angeles. Il débute alors le cycle de "L’Hourloupe", dans lequel il met à profit son étude de l’art brut par l’immédiateté de la représentation.








"L'HOURLOUPE"

C’est la partie la plus connue et la plus spectaculaire de l’œuvre de Dubuffet. Dès 1962, il fait des séries de dessins au stylo, de manière un peu automatique, débutant ainsi un cycle, son plus long, qui durera jusqu’en 1974. Les créations de l’Hourloupe se caractérisent par des aplats rouges, bleus, blancs et noirs. Le nom est le titre d'un livre contenant des dessins au crayon à bille. 

Avec l’Hourloupe, Dubuffet prend le contre-pied de ses œuvres antérieures, faisant disparaître toute texture pour une quadrichromie largement cloisonnée, avec hachures et aplats, qu'il décline en tableaux, sculptures et vastes installations. Il abandonne alors la peinture à l’huile et les matériaux naturels pour les peintures vinyliques et les markers et, à partir de 1966, afin de passer à de grandes réalisations en volume, il apprend à maîtriser le polystyrène, le polyester, l’époxy, le béton projeté et les peintures polyuréthanne. 

Essentiellement abstraite, cette vaste prolifération systématique peut former ici des objets, là des plantes, ou encore même des personnages pouvant se mouvoir et interagir dans sa création Coucou Bazar(1973), conçue pour ses deux rétrospectives à New York et à Paris










 








Dans les années 1960, Jean Dubuffet porte son intérêt vers la sculpture, et commence une importante série de sculptures en polystyrène expansé peintes au vinyle. Il réalise de nombreuses commandes, notamment un monument pour la Chase Manhattan Bank de New York, le Groupe de quatre arbres, inauguré en 1972, et la "Tour aux Figures", pour l’île Saint Germain à Issy-les-Moulineaux (1988). 








Périgny et la fondation Dubuffet 

Dans le cadre de la fondation qu'il a créée en 1971, Jean Dubuffet achète un terrain à Périgny-sur-Yerres (Val-de-Marne). Il y crée une œuvre majeure, sur une grande superficie, La Closerie, classée monument historique en 1984. 

De nombreuses œuvres de Dubuffet sont entreposées à Périgny, sous l'égide de la fondation ; on y trouve notamment la maquette de l'œuvre qui avait été destinée à Renault Billancourt (et qui a fait l'objet d'un procès entre Dubuffet et la régie Renault quand cette dernière a voulu annuler la commande). 

Au-delà de Dubuffet 

Dès 1971, Dubuffet rencontre Alain Bourbonnais, architecte, créateur et surtout collectionneur passionné d'art populaire et marginal qui, sur les conseils de Dubuffet, appelle sa collection d’art « Hors les normes » et l’installe dans l’Atelier Jacob, rue Jacob, et qui deviendra La Fabuloserie

Échappant à Dubuffet, son gardien et son théoricien, l’art brut commence alors sa « vie publique » et la formidable aventure qui l’amènera jusqu’à nous, à travers deux expositions majeures : "Les Singuliers de l’art" en 1978, immense succès populaire, au musée d'Art moderne de la Ville de Paris (dont les commissaires sont Suzanne PagéAlain BourbonnaisMichel Ragon et Michel Thévoz) ; et « Outsiders » en 1979 à Londres, menée par Roger Cardinal, qui fera le pont avec l’Amérique et l'Outsider Art, ouvrant les portes du marché de l’art international…

En 1985, à l’âge de quatre-vingt-quatre ans, Jean Dubuffet rédige sa Biographie au pas de course, avant de mourir le 12 mai à Paris.



www.dubuffet.com/
www.artcyclopedia.com/artists/dubuffet_jean.html
fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Dubuffet 
www.dubuffetfondation.com/bio_set.htm

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